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extrait de "gringa" de jean-louis parrot

C'était un village de la côte brésilienne, blotti entre la jungle et l'océan. Deux hommes marchaient dans ses rues étroites. Métis de noir et d'indien, comme sculptés dans la plus pure ébène, ils avaient tous les deux la même peau couleur de miel et cette nonchalance qui fait danser le pas. Arrivés au port, ils contemplèrent leur bateau, une frêle embarcation multicolore qui cahotait sur l'eau. C'était leur seul bien au monde, cette barque faite de bois et de beaucoup de peinture et ces hommes la choyaient d'un amour jaloux. Dans la minuscule cabine, ils avaient même cloué une croix. Ils sautèrent en souplesse sur le pont, défirent les amarres et mirent le cap au large. Le bateau enfonça sa proue dans l'eau bleue et s'éloigna de la côte où la jungle frissonnait à chaque coup de vent. L'un d'eux leva soudain la tête. -Pas beaucoup de ciel... dit-il. Les nuages s'accumulaient, assombrissant le jour. Ils jetaient leur premier filet quand la foudre éclaboussa le ciel d'une lumière blanche. Le tonnerre claqua. La mer bleue devint mauve puis noire, les vagues hachées par des éclairs. Des flèches de pluie cinglèrent les flancs du bateau, les douchant d'une eau dure, horriblement salée.

Entretien avec Jean-Louis Parrot: voir le post du 6 juin 2008.

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