11 novembre 2009

Entretien avec Claire Thiollent - concours d'été

La nouvelle de Claire Thiollent Les terrasses d'Icarie a été choisie en second par le jury du concours d'été. Parution du recueil courant décembre 2009.
securedownload[1].jpgJ'écris des nouvelles de fiction depuis quinze ans.... de manière un peu paresseuse. Mes périodes les plus fertiles ont coïncidé avec les ateliers et groupes d'écriture amicaux auxquels j'ai participé (ou que j'ai animés) : un vrai moteur pour moi !
 
Quand je commence un texte, j'écris vite et sans savoir du tout comment il va se terminer.  J'écris pour transmettre des émotions. J'aime faire rire et "toucher" dans le même texte. J'aime écrire des histoires qui s'inscrivent dans leur époque, où l'intime est en relation avec les frissons, douleurs, chansons... qui parcourent la société.  
 
Je déteste l'autobiographie pour son impudeur. La fiction est pour moi un passage obligé, un plaisir. Elle est nourrie de fragments du réel, de ma vie et de celle des autres, avant tout des émotions vécues. Je recycle parfois une conversation surprise quinze ans plus tôt, une phrase dans une lettre ancienne...Mais je raconte une histoire nouvelle.
 
Pour "l'été", je voulais décrire un été immobile, "sous le soleil exactement", où un couple serait fasciné par un autre couple plus extraverti. Ce qui m'intéressait, c'était le moteur de la rivalité masculine, de l'envie... J'avais en tête les "petits chevaux de Tarquinia", (modèle absolu) son atmosphère, le jeu entre les deux couples. Le décor de la mer Egée a fait le reste...
 

20 septembre 2009

Concours d'été : Entretien avec Béla Haller


BelaHaller1.jpgEcrivez-vous depuis lontemps? A 16 ans j'ai traduit une poésie hongroise en français. Mon premier essai français est né comme épreuve écrite de FLE au bac. Puis j'ai fait des études de lettres françaises et italiennes à Bucarest. Appartenant à la minorité ethnique hongroise de Roumanie, je fais la navette entre ces quatre langues. Depuis vingt ans   j'écris des essais à sujet littéraire et historique, je traduis. Je viens d'écrire une brève nouvelle française...

Avez-vous déjà participé à des concours de nouvelles? Non, c'est le premier. Il a été signalé par l'attaché de coopération pour le français du CCF de Cluj, M.François Richerme.

A quoi vous faisait penser "l'été" et qu'est-ce qui se dégage en priorité de votre nouvelle?
L'été est la saison magnanime qui rétablit notre rapport primordial avec la Planète. En été on vit plus sincèrement car on vit en plein jour. Nos habitudes de vacances en témoignent.  Dans L'avant-dernière plage j'ai voulu saisir le moment où la beauté entravée, tenue à l'écart par les circonstances, fait son apparition au milieu de la beauté cultivée, fatiguée de narcissisme, et son attirance s'avère irrésistible. Une chance pour qu'elle nous apparaisse comme  beauté-supplément-du-destin, opposée à   beauté-ingrédient-du-destin, un peu le rêve de tous.
J'ai voulu suggérer également la tristesse du touriste, qui est plongé dans les réalités les plus diverses, mais qui n'a pas de prise sur les destins entrevus. Il ne peut pas laisser de traces, sinon des souvenirs fugaces.

Avez-vous un projet d'écriture sur le long terme?
En tant que professeur de langues étrangères je dois  répondre aux attentes de mes élèves, renouvelées au début de chaque leçon ( v. le jardin qu'il faut cultiver), tandis que l'écriture demande des journées entières face au mur de la grande salle de la Bibliothèque Municipale. Heureusement il y a les vacances. J'aimerais en profiter davantage. Je ne pourrais pas dire que l'encouragement reçu de la part de votre jury n'y soit pour rien...

19 septembre 2009

Les résultats du concours d'été 2009

binh.jpgLe concours d'été ayant pour thème l'été a accueilli la participation de 50 nouvelles. Outre les textes français, des textes provenant de Roumanie ou encore de Belgique. Le jury a décidé d'éditer quatre auteurs et quatre nouvelles, dans cet ordre:

Danièle Tournié  Partons demain

Claire Thiollent  Les terrasses d'Icarie

Yann Minh   Un été 1945 en Indochine

Béla Haller  L'avant-dernière plage

Des entretiens avec ces auteurs seront publiés sur les blogs de la Compagnie et des Editions du Barrage très prochainement. Conformément au règlement du concours, ce choix donne lieu à l'édition d'un recueil de nouvelles en format mini-poche dont la couverture sera illustrée par la photographie de Ngûyen Van Binh, père de Yann Minh, témoin de la nouvelle Un été 1945 en Indochine (l'auteur de la photographie n'est pas connu). Tous les auteurs- participants du concours d'été recevront un exemplaire du recueil de nouvelles à parution fin-novembre 2009.

 

09 juillet 2009

Concours d'été : Algérie, Turquie, Liban, Thaïlande

Les nouvelles éditées seront notamment lues à Oran (Algérie), Istanbul (Turquie), Tripoli (Liban) et Chiang Maï (Thaïlande), partenaires de cette première édition du concours d'été.

L'été est une saison qui prête au comique. Pourquoi? Je n'en sais rien. Mais cela est.
Gustave Flaubert

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30 mars 2009

Le recueil de nouvelles 2009 des Editions du Barrage

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Le recueil 2009 de la Compagnie du Barrage distribué à l'Université d'Istanbul (Turquie)- Elèves du Département de Français

10 janvier 2009

Ghislaine Maïmoun et Sylvie Dubin

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Deux nouvelles ont été choisies pour publication cette année. La première est Journal des jours de peur de Ghislaine Maïmoun.
La seconde est La clef de Sylvie Dubin. Vous pouvez lire un entretien avec ces auteurs sur le blog des éditions du barrage (lien en haut en droite). Nous avons reçu près de 120 textes, la qualité était au rendez-vous. Le contrat avec notre imprimeur est de 64 pages en format mini-poche. Ainsi nous ne pouvions envisager de publier davantage. Nous aimons ce format mini-poche, confidentiel, ludique, incitant peut-être à la lecture et le conserverons probablement comme tel... mais il est envisagé que l'association ouvre un concours intermédiaire: un concours d'été. Tous les auteurs-participants recevront gratuitement au mois d avril le recueil de nouvelles 2009. Vous pouvez voir ci-dessus le tableau de Loïc Tarin qui a été choisi pour illustrer la couverture du recueil 2009. Bonnée année à tous.

25 novembre 2008

L'alliance française de Katmandou (Népal) partenaire du concours de nouvelles francophone 2009

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L'alliance française de Katmandou est jury du concours de nouvelles et partenaire de notre édition 2009 sous la direction de Mireille Hamon-Loirat et Benoît Gillet, professeur coordinateur.

Nous en profitons pour rappeler la réédition de l'excellent roman autobiographique Flash de Charles Duchaussois, jeune utopiste français qui est parti au Népal dans les années 70 pour voyager, errer, se perdre, découvrir et qui a aussi failli y rester à force de recherche "d'absolu", c'est un très beau livre sans langue de bois faisant état d'une expérience vécue, qui ne saurait bien sûr résumer le Népal...

Bonne lecture de nouvelles aux francophones népalais.

12 septembre 2008

Edition du recueil de nouvelles 2009 - abonnement et participation des structures culturelles françaises à l'étranger

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Sophie Dutheil et Maud Andrieux

Madame, Monsieur
 
Chaque année nous éditons un recueil de nouvelles consécutif au concours francophone que nous organisons.
Nous pensons que cet ouvrage peut intéresser les étudiants en français et votre public francophone à plusieurs titres car:
 
- les histoires développées le sont dans un cadre culturel original: le Brésil, les USA, la Bretagne, la campagne,...
- le format d'édition (mini-poche) est ludique et la forme littéraire choisie est courte (la nouvelle).
- les professeurs de fle et tous les francophones peuvent participer au concours en tant qu'auteur, des classes de FLE peuvent aussi être jury, les textes étant mis en lecture par internet.
 
Ainsi nous vous proposons d'apporter votre concours aux éditions futures en devenant diffuseur du recueil, jury, participant,... pour cela nous proposons des abonnements annuels allant de 80 à 300 euros qui nous permettent de vous envoyer un certain nombre de recueils à parution.

N'hésitez pas à commander le recueil de nouvelles 2008 afin de vous faire une idée des contenus littéraires
par un simple e-mail jusqu'au 19 septembre 2008.

Meilleures salutations,

Sophie Dutheil
Présidente

29 août 2008

extrait de "ce côté-ci de la rivière" de alain emery

Quand je suis ressorti de la maison - un peu paniqué, je dois dire - ils m'attendaient déjà dans la cour, en cercle, droits et silencieux. Immédiatement, j'ai reconnu, un peu détaché des autres, le Loison, un vieux dur à cuir, tanné de peau et blanc de cheveux, connu pour être un sacré braconnier et, à ses cotés, Garenne, son fils, qu'on surnommait ainsi parce qu'il avait de grandes dents et de longues oreilles. A leur droite, se tenaient le gros Tourquin, un maquignon à l'image des percherons qu'il menait, avec des nœuds dans les genoux et une croupe immense, et l'Achille Ringlet, un braconnier lui aussi, qu'on appelait le Pinson. Ils semblaient plus distants qu'à l'ordinaire et j'ai compris pourquoi quand j'ai baissé les yeux vers le tombereau, et que j'y ai découvert, allongé et mal en point, un homme que je connaissais bien, lui aussi.
Le Taiseux, c'est ainsi qu'on l'appelait, dans tout le pays. Ce n'était désormais qu'un pêcheur de misère, rude et tout d'une pièce mais, autrefois, il avait été passeur, pour les bêtes et les hommes. Le pont qu'on avait jeté par-dessus la rivière, avant guerre, l'avait tout bonnement dépouillé et laissé juste bon à marauder dans les marécages, qu'il connaissait par cœur et dans lesquels il passait ses journées à chasser, pêcher et à boire. Il ne parlait pour ainsi dire plus du tout.

Entretien avec Alain Emery sur le blog des Editions du barrage

extrait de "gringa" de jean-louis parrot

C'était un village de la côte brésilienne, blotti entre la jungle et l'océan. Deux hommes marchaient dans ses rues étroites. Métis de noir et d'indien, comme sculptés dans la plus pure ébène, ils avaient tous les deux la même peau couleur de miel et cette nonchalance qui fait danser le pas. Arrivés au port, ils contemplèrent leur bateau, une frêle embarcation multicolore qui cahotait sur l'eau. C'était leur seul bien au monde, cette barque faite de bois et de beaucoup de peinture et ces hommes la choyaient d'un amour jaloux. Dans la minuscule cabine, ils avaient même cloué une croix. Ils sautèrent en souplesse sur le pont, défirent les amarres et mirent le cap au large. Le bateau enfonça sa proue dans l'eau bleue et s'éloigna de la côte où la jungle frissonnait à chaque coup de vent. L'un d'eux leva soudain la tête. -Pas beaucoup de ciel... dit-il. Les nuages s'accumulaient, assombrissant le jour. Ils jetaient leur premier filet quand la foudre éclaboussa le ciel d'une lumière blanche. Le tonnerre claqua. La mer bleue devint mauve puis noire, les vagues hachées par des éclairs. Des flèches de pluie cinglèrent les flancs du bateau, les douchant d'une eau dure, horriblement salée.

Entretien avec Jean-Louis Parrot: voir le post du 6 juin 2008.

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