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indochine

  • Indochine : Appel à témoins

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    Avez-vous connu l'Indochine?
     
    Appel à témoins
     
    Dans le cadre du tournage de notre second film documentaire concernant l'Indochine (Paroles d'Anciens d'Indochine - La vie coloniale) nous recherchons des témoins ayant vécu en Indochine : Planteurs, administrateurs, commerçants, policiers, professeurs... d'origines indochinoise, française, africaine etc
    Nos travaux sur l'Indochine ont pour impulsion l'amitié et la révolte. Amitié pour une région du monde fantastique et révolte pour la méconnaissance de notre histoire commune depuis le 17ième siècle à nos jours. Ce second film s'intègre dans le cadre d'une série de trois Paroles d'Anciens d'Indochine, le dernier ayant pour cadre le Laos, le Cambodge et le Vietnam.
    Stéphane Boudy
    Trésorier
     

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  • Le Colonel René Rougier est mort le 18 juin

    Notre ami le Colonel René Rougier est mort le 18 juin 2010. Nous avons beaucoup de peine. Homme lettré, amis des arts et du bien-vivre il avait co-organisé la production de notre spectacle Indochine en 2006 au TNT de Périgueux (24). Cet organisateur enjoué qui allait lui-même porter des affiches et des billets de spectacle chez Leclerc afin d'assurer la promotion de l'oeuvre avait alors presque 90 ans ! Ancien résistant pilote de la Royal Air Force puis à Dien Bien Phu il a inspiré le roman L'avion-musique (2006) et fut aussi témoin dans notre documentaire Engagez-vous Rengagez-vous, Paroles d'Anciens d'Indochine enregistré lors de l'été 2009. Homme de projet, il nous a appris la hauteur et le recul humoristique nécessaires aux relations humaines pour servir l'action collective, la modestie qui invite à écouter les autres et à déléguer. Homme d'engagement et de courage son esprit était ouvert et critique. Nous avons aimé partager sa table, ses anecdotes, discuter de l'Indochine. "Quand vous irez à Hanoi, vous aurez une pensée pour moi au bord du petit lac."

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  • Récit d'un voyage en jeep à Dien Bien Phu - décembre 2003

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    Récit d'un voyage en jeep de Hanoi (Nord-Vietnam) à Dien Bien Phu (proche Laos) - décembre 2003 - à l'Origine des projets de roman (L'Avion-musique - Stéphane Boudy - 2005), théâtre (pièce Indochine - Maud Andrieux - 2006) et film documentaire (Engagez-vous Rengagez-vous, Paroles d'Anciens d'Indochine - Stéphane Boudy - 2010) 

     

    Le chauffeur qui nous conduisit à Diên Biên Phu au mois de décembre 2003 ne parlait pas un mot de français. Donc nous ne parlions pas pendant des heures mais il avait un regard qui en disait long sur la tradition vietnamienne, ses moeurs rudes et une vraie force d'esprit.  Pour sept heures de conduite dans la montagne et ses lacets, sur les pentes abruptes et dans  la poussière, il buvait une petite brique de lait de 25 centilitres et faisait un seul arrêt pour que nous puissions manger une soupe au poulet au bord de la route.
    Nous comprenions aisément, non sans une certaine ironie, comment les Français et les Américains avaient ainsi pu être chassés par ces petits hommes increvables. La force n'était pas rationnelle, elle était difficilement explicable. Il n'y avait pas que l'endurance, c'était aussi une présence dans le regard des minorités montagnardes que nous croisions. Les femmes parées de très belles tuniques, pieds nus, les enfants au cou, portant du bois, faisant sécher du manioc sur le goudron chaud de l'ancienne route coloniale, un cochon porté sur une mobylette les pattes attachés ou encore d'immenses cubes de glaces. Le sourire, la force de ces sourires dans le dénuement le plus absolu. La débrouillardise qui nous ramenait à une intelligence du quotidien, une sensibilité matérielle qui n'avait rien de matérialiste.
    Lors de notre nuit d'escale, à Son La, une vieille dame refusa de nous servir dans un restaurant. Nous étions alors les juifs d'Europe en 1940 ou les jeunes beurs à l'entrée d'une boite de nuit. Nous n'avions jamais connu l'exclusion avec autant de force, d'autant que la nourriture n'est pas si répandue dans cette région... y compris dans les rares établissements pour Blancs.
    Nous avons compris dans les yeux de cette vieille que des horreurs avaient été commises ici, que ce racisme ne pouvait être un hasard, pas ici, pas dans ces lieux aussi chargés d'Histoire. Au contraire, lorsque le réceptionniste de l'Hôtel à Diên Biên Phu prononça le mot “Eliane” pour indiquer le chemin à suivre au Xe ôm, au moto-taxi auquel je demandais de me conduire dans la cuvette, lorsque ce réceptionniste prononça ce mot en me souriant dans ce coin complètement perdu du Vietnam et du monde, j'eu un frisson pour ma langue, pour notre amitié et pour mon histoire de Français.

    De Castries qui commandait à Diên Biên Phu avait fait nommer les différentes positions par des prénoms de femmes: Isabelle, Gabrielle, Claudine, Anne-Marie...
    On racontait avec légèreté que c'était aussi le nom de ses maîtresses. On ne savait pas encore que le prénom de ces femmes allaient être le berceau d'atrocités, des lits de cadavres, le repères d'éborgnés, de cul de jattes et de manchots tirant encore, saignant de toutes les parties de leur corps et qui ne voulaient pas abandonner le combat, abandonner l'Indochine aux seuls communistes.
    Car l'ambiguité de la présence et du retrait français est encore ici: une armée de libération défait son peuple d'une présence coloniale séculaire et le conduit à l'autodétermination, un bon point a priori.
    Mais lorsque cette armée vietnamienne de libération prend le contrôle du Nord-Vietnam, en 1954, des milliers de gens fuient vers le Sud. Lorsque ce même pouvoir prend le contrôle du pays entier en 1975, c'est plusieurs millions de Boat-people qui prennent alors la mer au risque de leur vie. Ce fait historique interdit tous les jugements hâtifs.
    La France, si elle devait partir dans les années 50, comme tous ses voisins d'Europe partaient d'Asie, n'a pas su laisser le pays entre les mains de forces nationalistes modérées. Ceci est un regret exprimé par bon nombre d'Anciens.
    Cet amour de l'Indochine et toute l'ambiguité de l'engagement français firent dire au Maréchal Jean de Lattre de Tassigny qui venait de perdre son fils Bernard, jeune lieutenant en Indochine: “Bernard n'est pas mort pour la France, il est mort pour le Vietnam.”

    J'apprends ainsi à Diên Biên Phu la complexité de cette histoire que je ne connaissais pas. J'achète des livres sur place puis à Hanoi. La cuvette qui est en réalité une immense plaine cernée par des montagnes me livre une part du mystère par les voix françaises que j'entends, que je crois entendre, les vibrations, les âmes qui sont là, les milliers de morts, les destins de ces vies oubliées à l'autre bout du monde, une énergie. Il y a encore des tranchées, des canons, des chars rouillés, d'immenses cratères de bombes, le PC où le colonel Piroth s'est suicidé, c'est impressionnant.
    Nous revenons en France et quelques mois plus tard Maud décide d'adapter au théâtre le texte de Marguerite Duras Un Barrage contre le Pacifique. Elle reçoit le soutien de la ville de Bordeaux. Je rencontre pour ma part le Colonel Rougier à Périgueux, cet homme a effectué 51 missions au-dessus de Diên Biên Phu. Il a largué des parachustistes à 120 mètres de hauteur, le dernier soir, alors que tout était perdu, dans la fureur des tirs de DCA ennemis...
    Et nous parlons ensemble, paisiblement, non sans littérature car cet homme, en plus qu'un héros, est un esprit rare: il y a des descriptions précises, un recul philosophique, historique, une mémoire, c'était hier...
    Il me donne ensuite l'adresse de deux autres que je rencontre: un rescapé, échappé dans la jungle lors de l'évacuation des unités militaires de Laï Chau en pays Thaï qui devaient rejoindre Diên Biên Phu à pied par la piste Pavie et qui furent décimées pour la plupart.
    Ce monsieur a passé trois semaines, seul, à marcher dans la jungle. L'autre a été fait prisonnier au camp 113, un de ces camps viêt-minh où 70% des prisonniers sont morts de famine et de maladie, harcelés par les cours politiques de leurs ennemis. Ils sont de Périgueux, de Rouffignac, de Bordeaux aussi, de Pau et d'un peu partout dans notre région.
    Et personne ne sait, peu de Français savent ces 100 ans d'histoire commune, cette amitié séculaire tourmentée, tragique...


    J'écris un roman sur les dernières semaines de Diên Biên Phu qui sort au mois de septembre 2006 sous le titre L'Avion musique. Monsieur M, ancien artilleur périgourdin de 18 ans présent à Diên Biên Phu en 1954, me dit qu'il est incroyable d'avoir réussi à restituer cette ambiance dans “la cuvette”,  sans y être allé, sans l'avoir vécue.
    Très récemment les noms de 101 Périgordins morts pour la France en Indochine sont communiqués à Monsieur Rougier...

    Stéphane Boudy - 18 décembre 2006

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  • Engagez-vous, Rengagez-vous. Paroles d'Anciens d'Indochine (1945-1954)

     

    A l'occasion de la promotion du documentaire inédit "Engagez-vous, Rengagez-vous. Paroles d'Anciens d'Indochine (1945-1954)", réalisé par Stéphane Boudy et produit par la Compagnie du Barrage, vous pouvez désormais consulter le dossier de presse du film en ligne.

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    Dossier de presse

     

    Film documentaire inédit de jeunes engagés en Indochine, le choix du départ et leur aventure à Dien Bien Phu: la cuvette de l'enfer.

     

     

     

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  • Dien Bien Phu : La cuvette de l'Enfer

     

    1er extrait inédit du DVD Dien Bien Phu : la cuvette de l'Enfer - Production La Compagnie du Barrage, 2010.

    Ce documentaire, d'une durée de 50 minutes, a été réalisé par Stéphane Boudy et présente des témoignages inédits de français engagés pour la Guerre d'Indochine entre 1945 et 1954.

    Si vous souhaitez commander le DVD dans son intégralité, n'hésitez pas à nous contactez!

    Renseignements : compagniedubarrage@yahoo.fr

     

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    Le Colonel René Rougier, Capitaine et Commandant du groupe de transport Sénégal en Indochine (1952- 1954).
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  • Paroles d'Anciens d'Indochine

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    Sortie du DVD du film documentaire produit par la Compagnie du Barrage Engagez-vous Rengagez-vous Paroles d'Anciens d'Indochine.
    Un film à mi-chemin entre l'Histoire et la Psychanalyse. Parole dévoilée... interdite durant plus de 50 ans. Les témoins s'apaisent au fil du dialogue avec le réalisateur. Alors que le médicament soigne le symptôme, la parole soigne la cause du symptôme. Paroles d'Anciens d'Indochine : Parole libératrice.
    Disponible à l'adresse postale de la Compagnie, 15 euros l'unité, frais de port inclus pour les pays de l'U.E.
     

    SV100042.JPGEngagez-vous, Rengagez-vous Paroles d'Anciens d'Indochine

     La guerre d'Indochine (1946-1954).

    Pourquoi cette guerre a-t-elle été faite? Une reconquête coloniale après l'humiliation de 1940, tel était l'objectif de la France. L'Histoire répond à cette question. Pourquoi a-t-elle été perdue? Les analyses sont aussi nombreuses et justes à ce sujet. Nous savons pourquoi... le manque de moyens matériel et humain, la volonté politique défaillante d'une quatrième république instable, la tragique erreur de Diên Biên Phu: nous connaissons les raisons historiques. Par contre nous ignorons à peu près tout des acteurs de cette guerre: Qui étaient-ils? Quelles étaient les raisons intimes des hommes qui ont fait cette guerre?

    Loin des stéréotypes: celui du mercenaire par exemple, le film fait tomber un voile sur la guerre d'Indochine.

    Les anciens d'Indochine présentés sont des gens d'origine plutôt rurale et modeste, peu politisés. Il y a un officier supérieur, un sous-officier et deux soldats du rang. Certains rêvaient d'aventure. La prime d'engagement et le mythe de L'Indochine (de la vie facile et heureuse) étaient des attraits sérieux. Ils ne s'attendaient pas à un tel déferlement de feu et aux épreuves qu'ils ont connu.

    Le film montre l'insouciance de ces jeunes qui se sont parfois engagés à la simple lecture d'affiches de propagande croisées dans la rue, puis la peur et leur vie au contact de la mort. Ensuite le retour d 'Indochine et cet épisode de leur vie qui se devait d'être passé sous silence.

    Ces Anciens d'Indochine ont de 79 à 92 ans. Ils ont des difficultés à se souvenir ou marquent parfois une vive émotion. Ils ne veulent pas dire certaines choses. “Je suis parti en Indochine pour des raisons personnelles”... Le film interroge aussi le spectateur sur le rapport que l'on a au passé, sur la mémoire de ses actes et leur interprétation, une interprétation qui a pu changer avec le temps.

    Les entretiens portent une dramaturgie intrinsèque : Ces vieux n'ont plus 20 ans et ils avaient 20 ans au moment des faits. Ils aimaient l'Indochine et elle a été perdue et enfin, comme certains le répètent : "nous allons disparaître."

     

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  • Spectacle Indochine - article sur L'avion-musique

    Photo 252.jpgNous avons trouvé sur le net cette critique littéraire publiée par le journal Ouest-France concernant le roman L'Avion-musique de Stéphane Boudy dont le spectacle Indochine est tiré, critique datée du 3 janvier 2007. Elle est signée de l'écrivain et journaliste Yannick Pelletier.

    Le lieutenant Merlin et ses sous-officiers Belin, Grosso, Lagorce forment une équipe soudée et courageuse. Il le faut quand, dans un Dakota fatigué, on enchaîne les missions de largage au-dessus d'un Diên Biên Phu plus que condamné. Missions absurdes décidées par un État-major lointain, vaniteux, ignorant...
    Alors, Merlin pense à sa femme et à ses jeunes enfants, Belin cherche ses rêves dans la drogue et les deux autres où ils peuvent. Et Merlin admire l'efficacité des Viets, et Merlin se dit qu'Hô Chi Minh n'a pas tort... Et Merlin, désabusé, repart en mission. Dans un « avion musique » destiné à la guerre psychologique : une idée géniale, accueillie et cueillie comme il faut au-dessus de Diên Biên Phu. L'avion est abattu...
    Et le camp retranché est pris par les hommes de Giap. Merlin s'en tire avec deux déserteurs algériens retrouvés dans la jungle. Dans le désordre fou de la chute du camp, ils récupèrent Belin. Il leur reste à fuir vers le Laos...

    Curieux roman, L'Avion musique a fait l'objet d'une adaptation théâtrale qui sera présentée en 2007 au Vietnam et au Cambodge. Le texte ne peut que s'y prêter par l'intensité des dialogues, par la caractérisation des personnages : le fruste Belin, le poète Merlin qui porte le nom d'un enchanteur et aussi celui du héros du Sang noir de Louis Guilloux...
    Cri étouffé dans la forêt indochinoise, épopée revue et corrigée par un disciple du père Ubu, récit désinvolte à la manière des Hussards : c'est tout cela L'Avion musique. Une petite musique de nuit noire comme une « réponse à l'insupportable trouvée dans l'insupportable ».
    Réponse élégante et juste.


    L'Avion musique de Stéphane Boudy ; Gunten, 128 p, 17 €

    Yannick PELLETIER

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  • Manifestation culturelle sur l'Indochine le 7 mai

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    Le 7 mai 1954 à 17h30 la bataille de de Diên Biên Phu s'arrêtait. Pour elle, des milliers de morts et de blessés.
    En souvenir des soldats morts pour la France en Indochine, le 7 mai 2008 à 17h à l'Athénée municipal, Place Saint-Christoly à Bordeaux:

    La comédienne Maud Andrieux lira des lettres à leur famille de soldats de Diên Biên Phu.
    Le Colonel Guizonnier animera une projection-diapo avec références historiques sur la guerre d'Indochine (1945-1954).
    Le Colonel Rougier témoignera en tant que survivant de Diên Biên Phu où il était commandant du groupe de transport Sénégal.
    Il y aura une dédicace du roman de Stéphane Boudy L'avion-musique (Editions Gunten) sur les derniers jours de Diên Biên Phu.
    Et un pot de l'amitié.
    En présence du Président de l'association franco-vietnamienne de Bordeaux.

    Manifestation organisée par la Compagnie du Barrage, le PIC, ANAI 33 et ANAI 24
    Renseignements: 0556443011.

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  • INDOCHINE

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    d’après le roman L’Avion-musique de Stéphane Boudy Editions Gunten.

    La guerre d'Indochine est une guerre maudite. Beaucoup de pertes humaines contre tout bon sens, contre le sens de l'Histoire.
    Printemps 1954 en Indochine, Hanoi, trois aviateurs français effectuent des missions au-dessus de Diên Biên Phu, embrasée, à l'agonie. Ils ont 20 ans, 30 ans, que font-ils ici?
    Une femme raconte cette histoire inspirée d’un fait réel.

    Il y avait des jaunes, des noirs, des blancs, tous recrues de l'armée française coloniale. Ils décidaient de s'engager en sautant comme si la guerre leur avait jusque-là échappé. Pour retrouver un de leur camarade, par solidarité, pour impressionner une tante, parce que Diên Biên Phu était médiatisée, pour la prime de saut. Peut-être aussi parce qu'ils étaient jeunes et insouciants, peu conscients que la vie avait une valeur, qu'on pouvait la perdre très rapidement: un éventail d'idées dénué de signification au regard d'un frisson, du grand saut dans la nuit.

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  • Dédicace pour l'ANAI

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    Dédicace du livre L'Avion musique de Stéphane Boudy à l'assemblée générale de l'Association Nationale des Anciens d'Indochine (ANAI) à Sarlat le 15 octobre 2006.

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  • Les mots de l'enfer

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    Journal Sud-Ouest Périgueux/ vendredi 3 novembre 2006

    Maud Andrieux au Théâtre avec "Indochine", récit sur la chute de Diên Biên Phu.

    LES MOTS DE L'ENFER

    L'histoire coloniale est la toile de fond du nouveau spectacle de Maud Andrieux, présenté samedi au Théâtre à l'initiative de l'Association Nationale des Anciens d'Indochine, au profit de ses oeuvres sociales. Son attachement au Viêt-Nam date de 2003, et de sa visite de Diên Biên Phu. Là-bas, elle est saisie par l'atmosphère du lieu, où les tranchées et les canons rouillés rappellent la violence des combats. En 2005, elle monte et interprète « Un Barrage dans le Pacifique » de Marguerite Duras, qui raconte les efforts d'une famille de colons pour survivre en Indochine. Au début de l'année, elle adapte « Indochine », d'après « L'Avion Musique », un roman de l'auteur bordelais Stéphane Boudy. Sa pièce, créée au Petit Théâtre à Bordeaux en septembre, a déjà rencontré un beau succès. Avec une mise en scène minimale, un décor quasi-vide (une chaise), des phrases courtes et percutantes, elle est d'une efficacité toute militaire. Le spectateur est tenu par le récit froid et dur de la sale guerre. Seule sur scène, Maud Andrieux est Amina, une prostituée algéro-vietnamienne, qui incarne toutes les erreurs et toutes les tragédies de l'histoire coloniale. Sainte et martyre, elle cherche à aider son prochain. Son chemin croise celui d'un sous-officier héroïnomane ou d'un lieutenant dépourvu de haine, face au dilemne de sa vie. Par son dépouillement et ses seuls mots, « Indochine » raconte un pays sculpté par la haine, la rancune et la vanité, où chacun tente de survivre dans l'enfer de la guerre.

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  • Voyage dans la mémoire de l'Indochine

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    Dordogne Libre/ vendredi 3 novembre 2006

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  • Article CRL Franche-Comté roman L'Avion-musique

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    Le dernier roman de Stéphane Boudy remue la vase d'une rivière, en plein milieu de la jungle indochinoise. Nous sommes en 1954 et on y suit la déroute de quelques soldats de l'armée française, contraints à s'éjecter de leur avion en pleine territoire ennemi. Ils devaient sauter sur Diên Biên Phu quand un tir nourri a supprimé une aile de leur appareil. Lors de leur mission précédente, le lieutenant Merlin et ses hommes avaient envoyé des tonnes de tracts à destination de la population vietnamienne. Le livre évoque leur fuite éperdue le long d'une rivière hostile et mêle les destins de quelques êtres échoués dans ce crépuscule colonial, tout près de la maison qu'occupe Hô Chi Minh, homme lettré et combattant d'exception, figure d'un idéal qu'éclaboussent le sang et la souffrance des victimes mais qui a su rendre une dignité à chaque homme de cette terre.

    On peut lire L'Avion musique comme un roman d'aventures à économie, qui rappelle que la guerre n'est pas un grand théâtre, un grand spectacle, une confrontation divine mais une multitude de destins en rade et pleins de questions sans réponse. Mais il est tentant de le regarder au-delà comme une histoire de mots. Car la guerre qu'envisage Stéphane Boudy est bien une histoire de langue, de ferveur, d'évidences à peine dissimulées sous les sacs de paroles absurdes que les hommes se racontent. Ainsi Merlin n'arrête pas de mentir et de se mentir ; à sa femme, à ses supérieurs, à son subalterne qu'il menace de cour martiale au fin fond de la débâcle. À lui-même bien sûr. L'avion musique serait donc une sorte d'hommage rendue à la profondeur, à la force et à la beauté de la langue mise à mal par l'entreprise d'endoctrinement, de propagande ou de communication... Dans cette parabole au moins, la "parole vraie" est victorieuse. Car les tonnes de tracts ne pèsent pas lourd face aux discours que sait si bien enflammer Hô Chi Minh ; face aux quelques mots justes et authentiques que le grand homme prononcera en présence de Merlin.

    Stéphane Boudy vit à Bordeaux. L'Avion musique est son troisième roman à paraître aux éditions Gunten, après L'Exuvie et Les Figurants.

    Commande sur le site:
    www.editionsgunten.com

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  • Des hommes en enfer

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    La Compagnie du Barrage a vu le jour en avril 2005, à l'occasion de la création de la pièce de théâtre "Un barrage contre le Pacifique", adaptée par Maud Andrieux du roman de Marguerite Duras. L'histoire était celle de "petits Blancs", tout à la fois frontières et liens entre autochtones et planteurs.

    Une oeuvre qui fut montée au Petit Théâtre (le bien nommé, il ne comporte que 45 places) que dirige le comédien Eric Sanson, à l'occasion de "l'année Marguerite Duras". La pièce conduisit la troupe en tournée à Ho Chi Minh-Ville (ex Saïgon), au Cambodge et Thailande. Ainsi, le texte était restitué sur la terre qui a vu naître Marguerite Duras.

    L'accueil sur place a été très chaleureux pour ce spectacle sous-titré en vietnamien et cambodgien, permettant un partage avec les spectateurs.

    Printemps 54 à Diên Biên Phu.
    Aujourd'hui, la compagnie prépare"Indochine", une pièce non pas inspirée de Marguerite Duras, malgré son titre, mais du nouveau roman de Stéphane Boudy, "L'Avion-Musique" (Editions Gunten, à paraître en juin). Dans cette histoire, les hommes se suprennent à agir en héros. L'action se situe au printemps 54. Trois aviateurs effectuent des missions au-dessus de Diên Biên Phu embrasée, à l'agonie. Leur avion s'abîme, ils sautent et le capitaine fixe rendez-vous à l'équipage au Laos.
    Maud Andrieux, dans sa mise en scène, met l'accent sur ces hommes coincés entre pouvoir et devoir, sur la conscience que ces combattants ont de l'absurde et de la mort qui rôde. La représentation est très cinématographique. Ce n'est pas un hasard. Aixoise d'origine, Maud Andrieux a suivi des cours au Conservatoire d'Art Dramatique de Bordeaux, a travaillé avec Gilbert Tiberghien mais a aussi tourné pour France 3 Aquitaine.

    A titre personnel, Maud Andrieux a succombé aux charmes des Chartrons dont elle apprécie les matins calmes et les petits cafés en terrasse sur la place de la Halle.

    La salle du Petit Théâtre (rue du Faubourg des Arts) présentera en septembre 2006 " Indochine". Quant à Stéphane Boudy, il se prépare à organiser une journée littérature gratuite: 1000 exemplaires de la nouvelle de Christophe Fourvel " le Village" (Editions du Barrage) seront distribuée simultanément à Paris, Bordeaux, Antibes et Bruxelles.

    Jean-Claude Livolsi

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